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N'aie pas peur
— Jusqu´où va cette rue noire? Elle ne mène nulle part. — Je te remercie d´avoir accepté de marcher un instant à mes côtés. "Je te remercie d´avoir couvert ton visage et respiré tout bas."
Ni l´un ni l´autre ne parlent. Pourtant quelqu´un parle, une porte cochère qui sait. Effarouchés nos oiseaux ont fui vers la forêt ou jusqu´aux écueils marins du large. Ce n´est pas la nuit, ni le temps de dire quel est cet instant du jour.
La lune est là-bas, le soleil et les étoiles. Dans les gouffres de la terre une rame de métro fracasse le silence. Un cœur, dans ta poitrine, ou est-ce le mien qui bat soixante puis trois mille six cents fois?
Le temps est donc à nous. Bien que derrière l´horizon et le savoir comme la Muraille de Chine, les Andes, le Monolithe Céleste semble exister, il ne bouge pas, profondeur indicible ou surface de l´inexistant, qui jamais ne se laisse toucher par la pensée, et que même les canons de la peur n´atteignent jamais.
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