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JUHANI AHVENJÄRVI

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EIRA STENBERG

ANNI SUMARI

ILPO TIIHONEN

EIRA STENBERG
La princesse s'amuse 

La balle de la princesse est perdue,
égarée
sa balle d'or
c'est elle qui a perdu sa balle.

Quel souverain donne à son enfant
une balle d'or pour jouer?

Voici qu'aujourd'hui son corps implore à grands cris
les caresses
et la grenouille da la source joue le rôle
du prince.

Or comment donc est la traîne mouillée
de la grenouille amoureuse,
elle qui n'a pas de couronne
et qui pourtant coasse d'amour!

Dans l'eau de la fontaine brûlante on te lave, joueuse,
par l'eau pesante on te lave de ces flammes:
jamais de cette eau tu ne ressortiras semblable,
jamais tu ne voudras redevenir la même.

Désormais des bordures de feu eancadrent ce visage,
ces mains qui sont les siennes,
et l'icône du désir la regarde
dans le miroir.

Je t'adresse ma prière, temps très horrible,
ja rebrousse chemin
jusqu'à ce carrefour et je m'engage sur une autre voie 
dans ce corridor où rose l'aurore paraît 
dans la ruche des chambres endormies, dans cet hôtel 
j'agrippe une main
et j'y dépose la balle mate de mon sein.

Je t'adresse ma prière
Minotaure bleu noir,
je supplie la toison noire de tes doigts,
car j'ai cessé de jouer.
En ces terres soumises à la gravitation universelle
les pavillons de jeu s'effondrent.
Il ne demeure qu'un cri
au tableau perlé des étoiles noires,
rage inarticulée sous les aveux.

Ô étoiles jumelles au bleu profond,
dont l'attraction sidérale égara naguère la balle de la 
princesse,
voici donc qu'elle ne joue plus, mais qu'immobile
elle gémit
au milieu de ce carrefour où elle empoigna les poignets
d'un monstre
pour le repousser loin très loin d'elle.

Elle pleure désormais dans le parc aux allées vides
et les tourelles humides poussent dans cette terre,
c'est la citadelle où elle s'égare, le Purgatoire,
et son corps nappé d'or
est une gerbe d'étincelles.

2.

Après se feu de forge tout a brûlé,
et depuis ce temps la femme forgée d'or
marche seule.

Telle est la fable d'une métamorphose,
ainsi la plainte est juste,
il n'y a pas de vrai retour,
grâce soit donc rendue à ce lieu.

Qui ne l'aura pas aimée,
quand chacun soudain s'éprenait d'elle
quand elle courait
en riant, serrant la balle d'or contre elle
et perdant son enfance.
Aujourd'hui elle pleure:
je t'aime grand Minotaure, diable
noir, passion leue au touché diapré,
je me suis égarée le long de ton corridor

dans le silence moquetté d'un grand hôtel ,
où le puits métallique de l'ascenseur a englouti
le jouet d'or.

3.

Mais lui, qui joue le rôle de la grenouille dans ce drame
ne comprend rien,
il promet de rapporter à la princesse sa balle
mais il n'y a pas de princesse,
elle a cessé de jouer,
elle veut être mendiante dans le château du Minotaure.
Ne te torture pas, grenouille.
En ces lieux tu peux survivre en te faisant
poète,
le rôle est horrible, sorte de purgatoire des éléments
où l'on sacrifie les jouets dans les rites les plus
sanglants.
Ma grenouille, c'est la vérité vraie,
retourne vers ta fontaine, dans ces salles
on danse le menuet sur la lame d'un poignard.
Quand elles sont enfants les fillettes jouent à la
princesse,
plus tard tout devient vrai, tu n'en réchapperas pas.
La couronne est tombée de la coiffure de la princesse,
son corps est une gerbe d'étincelles, elle est
devenue folle.

Ne vois-tu pas qu'elle ne veut pas jouer,
puisqu'elle est déjà partie, très loin, sur la route des 
possédés.

4.

Et la voici qui chante:

égarée je suis perdue, je suis folle de lui,
tout a disparu, l'important, le futile,

seules les voitures passent encore, et cette mélancolie
qui se brise en paroles:
je n'ai que toi et nulle alternative, je ne veux personne
d'autre.

5.

Je te demande le chagrin, fils bâtard de Pasiphae
enfanté par le passion,
et des larmes, car la cravache du désir est ourlée
de sel.

De mes ciseaux je tranche le fil rouge d'Ariane:
que le sang ainsi jailli éclabousse les murs du palais,
que se vide la pelote rouge de son cœur.

Celle qui a vu les joues garçonnes du Minotaure
n'a plus d'autre désir,
elle court par le dédale estival du labyrinthe
et ne souhaite rien d'autre,
malade de désir elle n'attend plus rien
que de voir le regard bleu profond de ce garçon,
la tête à la couronne noire et les cornes pointues,
puis d'ouvrir les boutons nacrés de sa chemise, de 
sentir
la peau brûlante de ce prince bâtard.

6.

J'ai tenté de toublier,
fils de Minos,
j'ai couru le long de tant de couloirs.
Il n'en sort rien de bon,
je ne m'égare pas.

7.

Les feux brûlent dans l'enfer d'une nuit d'été,
dans l'enfer de lumière le matin brumeux se démène,
le cœur de la chair reste vierge, hors d'atteinte, et
il y fait froid.

Autant que la course et la saut
le poème est la langue du corps,
tissu découpé dans la chair.
Il est là, tout au fond du corps,
qui demeure muet,
puis s'éteint.


La mère de l'arbre

L'enfant crie

Parler de l'amour

Divina Comedia

Dans chaque homme il y a une cav...

Dans le château de Minos

La princesse s'amuse


 
Halun ikoni, 1997 
Traduit par G. Rebourcet