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Divina Comedia
Perdue loin ma route au midi de ma vie dans le long couloir d'un grand hôtel, où la sourdine des tapis étouffe les pas et la piste du night-club invite à la danse,
j'ai peut-être poussé la mauvaise porte, descendu le mauvais escalier vers un corridor dont je n'ai pas trouvé l'issue.
Comme dans un rêve j'ai marché longtemps guidée par une lointaine musique, puis la fatigue est venue et mon seul désir désormais fut de regagner ma chambre.
Alors je l'ai vu, sombre silhouette, le portier de nuit, avec ses cheveux plaqués sur sa tête comme les ailes noires d'un corbeau, ses deux yeux bleus comme un orage et sa tête de taureau bourru.
O maître des trousseaux de clés, ai-je dit, dans ce palais ma chambre est au numéro 444.
Il n'a rien répondu, il a regardé mes seins et les a effleurés du doigt, ses mains ont parcouru la courbe de mon corps.
Ainsi sans le connaître, je l'ai rencontré, personne jamais n'a pris mon visage comme lui quand il a cueilli le coquillage de mes oreilles et m'a saisie par les cheveux, puis sa main a effleuré le haut de mes cuisses. Les lézards ont dressé la tête sous le velours de ma robe, les portes du labyrinthe se sont ouvertes. Je ne savais pas qui il était, j'ignorais qu'il n'avait pas son pareil pour tenir sa tête droite telle une couronne noire. Je l'ai saisi par les poignets et je l'ai repoussé. Aujourd'hui, folle de désir, je le cherche toujours.
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