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Toute la nuit nous avons parlé de la mort, de ces choses que nous ne voulions pas quitter, les promenades à travers champ jusqu’à l’étuve, les roulements de la pluie sur le toit la nuit, le plaisir charnel d’écrire, nos électriques rendez-vous d’amour, les soirs de cinéma, la réglisse, les mains moites, les livres comme des poignards de miel.
Mais l’angoisse aussi, celle qu’on endure par hasard, et les matins où tu portais le café au lit et tu lisais les rubriques du journal à haute voix, notre enfant qui rêvait du ciel et disparut de notre vie, la théièrie fumante et le bourdon des guèpes par la fenêtre ouverte de la véranda.
Le sorbier fait signe de son feu rouge, le cœur palpite, inlassable, le chat boit de l’eau dans la tine bleue et mes pensées se perdent loin comme les cercles sur l’eau de la tine bleue.
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