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ANNI SUMARI (b. 1965) has published ten books, mainly poetry. Her first book Matkakertomuksia pimeydestä (Accounts of Travels in the Darkness) appeared in 1986. In 1998 she was awarded Yleisradio’s (the equivalent of the BBC) Tanssiva Karhu (Dancing Bear) Prize. Her poems have been translated to 12 languages. She has also worked as translator, translating Samuel Beckett and Robert Antoni among others.
AN UNRELENTING POET OF IDEAS
La feuille ne coupe pas 

La feuille ne te fait pas d'estafilade,
ni la pièce ne devient silencieuse
quand les fumées s'épaississent sur la rive
et les feux s'agenouillent dans la cendre.
 
Sur les bateaux de Christophe Colomb
on entendait toute la nuit les oiseaux passer en volant,
mais, ici, non, ici, tu ne trouveras pas
la route des Indes.
 
Ne comprenant pas la différence entre le dehors et le dedans,
tu as peur qu'on te dérobe le cœur de ta vie.
Il serait mieux que tu montres ton visage,
en le pressant travers les fentes du masque.
 
Si l'amour est difficile, commence par les plus faibles.
Ne serait-ce que par les arbres, qui se dressent dans la neige
comme des enfants malades, la gorge enveloppée
de couvertures.
Et peut-être plus tard pourras-tu passer aux plus forts?
 
Nue dans ton propre regard,
tu fais toujours le même cercle.
Des joncs touffus emplissent le miroir,
le thérapeute se tourne vers le mur.
Le contenu d'une soucoupe de profondeur se balance
d'avant en arrière, se répand contre les bords du plat.
Les vagues traversent ton plumage
librement, sans rencontrer de résistance.
 
Le duvet des montagnes, la steppe des étoiles
touchaient ta peau de partout quand tu as volé jusqu'ici.
Ta respiration répondait au contact, le reconnaissait,
elle fusait, telle des pointes de flèche de la corde d'un arc
 
l'homme est un étrange oiseau de légende 
 
tu dors dans l'arbre
les orteils bien repliés autour de toi.
Pourtant les conditions de vie sont des plus favorables.
L'homme-grenouille n'observe pas de la mare,
dans l'arrière-cour tu ne risques pas de marcher sur une mine.
 
Tu touches du doigt le lourd fardeau,
et tu sens son poids comme une force.
L'unique peut ici
perdurer un peu.


Oiseaux

La feuille ne coupe pas

Le jardin gelé


 
Mitta ja määrä, 1998. 
Traductions Jean-Pierre Rousseau.