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JUHANI AHVENJÄRVI

CLAES ANDERSSON

AGNETA ENCKELL

MARTIN ENCKELL

TUA FORSSTRÖM

PENTTI HOLAPPA

JOUNI INKALA

RIINA KATAJAVUORI

JYRKI KIISKINEN

LAURI OTONKOSKI

PENTTI SAARITSA

HELENA SINERVO

EIRA STENBERG

ANNI SUMARI

ILPO TIIHONEN

AGNETA ENCKELL (b. 1957) has published seven collections of poems since 1983. . Enckell has also written works of text/sound/music for stage and radio in co-operation with composer Patrick Kosk. Among these works are Ord har hål (Words have holes, 1990), No Solution (1996), Icebice/paradis (1999), No Name (2000).
THROUGH HOLES, GLASS AND STONE
dans les veines de la pierre ils mènent 

(dans les veines de la pierre ils mènent, hors du temps le désir de la pierre -)

(qui dans chaque geste ils s’abandonnent seul l’un l’autre) 

(des instants, sur leurs visages, comme des virgules)

1. 

‘ pardonne ce qui en moi le secret. ’
‘ O  Dieu, repose-toi en nous un instant.’
‘ Avec tant de tendresse ,’

2.

Nu, comme une pierre, quelle limite pour une pierre ?   le poids, le temps,

3.

la grâce, pierre, avec une tendresse sans limite.  a vu la pierre, son reflet
dans les nuages, éclat      moite,

4. 

la peau, la pierre se repose, en son creux le mouvement.    l’attoucher.    changer soi-même     le changement de la pierre.     une veine, coupée,
la craie blanche, un nuage, vaste    brûlant, un nom blanc, la brûlure, la moiteur,

5.

un œil luisant, dans le jardin, reflet de la lune dans l’allée de gravier,

6.

la grâce de la pierre,  la chute de la pierre contre les nuages.  le poids de la pierre attentive  l’attention

7.

la pellicule dans l ‘œil luisant.  le bruit d’une chute, à travers la pierre, rendu en écho, tintement.     comme une vision, comme la chute de la vision à travers la pierre, une peau diaphane en roulis      la pierre s’ouvre

8.

avec une tendresse -
si grande qu’il en jaillit un cri. de désespoir,

un cri coupant,  coupure, une averse, et un visage vogue, comme si.    toutes ces étagères, cette herbe, journaux, le vent est faible aujourd’hui, le vent froisse un journal sous la véranda.     la pierre gît, dessus. mais le vent est faible aujourd’hui, une horloge sonne, un tintement.


c’est comme un grand trouble comme

le murmure des poissons, derrière le barrage, attentifs, comme un arbre qui voudrait sortir de sa masse de bois, le temps d’un roulis                     une pierre qui


un mot en pénètre un autre.   présence, trouble, coupure, l’eau.    un cri venu de l’eau profonde.

qui fige l’eau. sans lieu. comme les enfants qui jouent avec des cerfs volants sur la pelouse, comme dans un aquarium. (papillon de la préhistoire,  trop éclairé, instant, double exposition )    là bas légers des nuages s’esquivent
un rire qui croît en ces instants sur le visage ondoyant de l’enfant, le visage est un tintement, l’œil encore.   le vent se lève.
le vent fait croître la présence.     le vent dans l’œil, le rire glisse dans le vent.    ce qui fait la présence, sans lieu.       l’eau figée.

rire, cri.  le mot se glisse au cœur de l’autre. herbe, les étagères, une pierre qui.

l’entaille ! c’est un trouble qui. une douleur si grande


Au sujet d’une photographie

arrose les fleurs, la palme fris...

dans les veines de la pierre ils...

que les oiseaux, la source

quand il enfouit

où sommes-nous ?

dans ce visage

comme dans le même instant

visage, l’eau. la peau, les lèvres

aussi légèrement

ou comme un mouvement


 
Sitt ansiktes avtryck, eller stenens begär (L’empreinte de son visage, ou le désir de la pierre), 1998. 
Poèmes traduits par Gabriel Rebourcet.