Electric Verses

Etusivu : Bienvenu! : Helena Sinervo

Helena Sinervo

Helena Sinervo

Helena Sinervo (s. 1961) published her first collection of poems, Lukemattomiin (Untold), in 1994. Since that she has published three more: Sininen Anglia (The Blue Anglia, 1996), Pimeän parit (Pairs of Darkness, 1997) and Ihmisen kaltainen (Human Worth, 2000). In France was published a selection of her poems, Chaises (2001, translated by Gabriel Rebourcet). Sinervo has translated poems by Elizabeth Bishop and Yves Bonnefoy and written the lyrics for Liisa Lux’ debut song album (2002).


MEMORY BEARS THE CHILD

La sacoche du ciel

Le ciel a un sac où il entre à l’envi
de la salive, du pain mordu,
mâchements, déglutitions, clignements
cent sacoches de bâillements, de ronflements, des flux
de silence, des paroles, susurrements, chuchotements,
puis un clin d’œil vers les pontons de glace et la mer ouverte
où le sillage d’une barque à moteur sépare une vague de l’autre,
et un harle solitaire fore sa voie
jusqu’ à la vase du fond,
la fumée monte de la cheminée de la centrale électrique, et ceux-là aussi
tiennent dans la sacoche du jour, les clochers et les conteneurs,
le chatouillis caché dans le cou et sous les bras d’un enfant,
le crissement du sable, le tintement du four à micro-ondes,
tics de cuillers, tocs de tasses, de tromperies,
le coup d’œil au plafond dont le plâtre s’effrite,
prendre contre soi et ramper, envoyer
des messages, et les lire, tout tient
dans le sac du jour , il en tiendrait tant plus encore…

Mais le temps est une souris et il grignote,
il sort de son trou le soir
et noue la ficelle qui ferme la sacoche,
il la descend dans l’escalier jusqu’à la cave
comme si elle était chargée de fromage et de gruau d’avoine,
de gâteaux aux dattes, et de pâtisseries fondantes,
la hâte de la souris porte la sacoche du jour
depuis la cave par l’escalier roulant jusque dans le métro,
parmi les trains qui partent et qui arrivent,
puis de là par l’ascenseur dans le puits de mine
culbute, trébuche et dégringole
toujours plus bas le long d’un conduit de ventilation,

et hop, dans le fleuve de l’oubli.

De recueil Ihmisen kaltainen, (Comme un homme), 2000. Traduits du finnois par Gabriel Rebourcet.

  • La sacoche du ciel
  • Le campagnol
  • La montre
  • Chez les pingouins tout est diff…
  • L’enfant est une maison où les…
  • Prends le pieu comme tu peux
  • La fillette se porte si bien,…
  • Lorsque dans un éblouissement…
  • Le caillou flotte et l’autre
  • Au nom de la neige
  • Les chaises
  • L’aigulle
  • La jouissance de Tiresias
  • Trois Chants D’amour
  • Bois a Demi
  • Versets de la nostalgique
  • Orientation
  • Mesures
  • La boule de verre